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DATEV Challenge Roth

Lieux

Roth, Allemagne

Site officiel

DATEV Challenge Roth

Date

05/07/2026

Type de course

Alanis Siffert entre dans l’histoire du DATEV Challenge Roth – Une journée que je n’oublierai jamais 

Quelques minutes avant le départ, Kathrin Walchshöfer m’a regardée avec un sourire et m’a simplement dit : 

« Fliege heute, okay? » (« Vole aujourd’hui, d’accord ? »

Je ne savais pas encore à quel point ces quelques mots allaient m’accompagner. 

Pendant toute la course, ils sont revenus dans ma tête. Encore et encore. 

Et, d’une certaine manière… c’est exactement ce que j’ai ressenti. 

Je crois que je ne réalise toujours pas complètement ce qu’il s’est passé dimanche. 

Depuis toute petite, je rêve de vivre des moments comme celui-ci. Mais même en osant rêver très grand, je n’aurais jamais imaginé remporter le DATEV Challenge Roth à seulement 24 ans. 

Pendant toute la course, j’avais une sensation très particulière. J’avais l’impression de voler. 

L’ambiance de Roth est indescriptible. Partout où l’on passe, il y a des milliers de personnes qui vous encouragent, qui crient votre nom, qui vous donnent l’impression d’être capable de faire des choses que vous ne pensiez même pas possibles. Cette énergie m’a portée du premier au dernier kilomètre. 

Ce qui m’a le plus marquée, c’est que je n’étais jamais enfermée dans ma course. Au contraire. Je regardais les gens, leurs visages, leurs sourires, leurs yeux remplis de passion. Les voir tout donner pour nous encourager était profondément bouleversant. Leur énergie, leur enthousiasme et leur amour pour ce sport étaient tout simplement transcendants. Je voulais profiter de chaque seconde de cette ambiance unique, parce que je savais à quel point ces moments étaient précieux. 

Je suis sortie de l’eau en 3e position, après 52 min 03 s de natation, à seulement 1 min 40 s de Lucy Charles-Barclay, première à sortir de l’eau et considérée comme l’une des meilleures nageuses de l’histoire du triathlon. Cette natation solide m’a permis de rester idéalement placée dès le début de la course. Après une première transition (T1) de 1 min 51 s, je suis montée sur le vélo avec de très bonnes sensations. 

À vélo, je savais qu’il allait falloir jouer mes cartes si je voulais avoir ne serait-ce qu’une petite chance. Alors je n’ai pas réfléchi, j’ai simplement décidé d’y aller. Assez rapidement, aux alentours du 20e kilomètre, j’ai dépassé Lucy Charles-Barclay pour prendre la tête de la course. C’était évidemment un moment particulier, mais je me suis immédiatement recentrée sur moi-même. Il restait encore tellement de kilomètres et tout pouvait encore arriver. 

Je voyais que je roulais très vite et que les watts étaient élevés. Très vite, j’ai changé la page de mon compteur pour ne plus voir les chiffres. Les regarder aurait pu semer le doute et me faire penser que j’étais partie trop fort. À partir de ce moment-là, je n’ai plus écouté que mes sensations. Je me sentais bien, alors j’ai décidé de leur faire confiance. Je savais tout le travail que Brett et moi avions accompli ces derniers mois, je savais ce que mes jambes étaient capables de faire. Il n’y avait plus rien à calculer, seulement continuer à avancer. 

Les kilomètres défilaient, les sensations restaient excellentes et, sans jamais quitter la tête de la course, j’ai parcouru les 180 km en 4 h 29 min 19 s, toujours en tête. Pourtant, je n’ai jamais pensé au résultat. Après une deuxième transition (T2) de seulement 58 secondes, j’étais déjà repartie pour le marathon. 

Puis est arrivé le marathon. 

La première fois que j’ai regardé ma montre, je me suis dit que j’étais sûrement partie trop vite. 

Puis je me suis simplement dit : 

« Tu te sens bien… alors pourquoi ralentir ? » 

À partir de ce moment-là, je n’ai plus regardé ma montre une seule fois. 

Je me suis simplement fait confiance. Confiance à mes sensations, à tout le travail accompli ces derniers mois et à ce que mon corps me disait. 

Avant le départ, je m’étais fixé un seul objectif : tout donner, mais surtout profiter de chaque instant. Profiter de cette ambiance unique, savourer cette journée et prendre du plaisir du premier au dernier kilomètre. C’est exactement ce que j’ai fait. 

Je m’attendais à voir Lucy Charles- Barclay et Kat Matthews revenir à tout moment. Pourtant, les kilomètres passaient et, au lieu de diminuer, mon avance grandissait : une minute trente, puis deux minutes, puis trois. Ce n’est qu’au vingtième kilomètre que je me suis autorisée une pensée : 

« Tu es actuellement en tête… tu as une chance de gagner cette course. Maintenant, bats-toi pour aller la chercher. » 

Puis j’ai immédiatement laissé cette idée de côté. Je me suis replongée dans ma course, portée par le public et par cette sensation si particulière qui m’accompagnait depuis le début de la journée. 

Avec du recul, je crois que la clé a été là. Je n’ai jamais laissé le doute s’installer. Je n’ai jamais cessé de croire que c’était possible. Je sentais au fond de moi que mes jambes allaient tenir, parce que je savais tout ce que j’avais fait pour être prête ce jour-là. Sur les dix derniers kilomètres, je n’avais plus qu’une seule mission : donner le meilleur de moi-même jusqu’à la ligne d’arrivée. 

J’ai finalement parcouru les 42,195 km en 2 h 45 min 00 s, sans jamais cesser de croire en moi. 

Ce n’est qu’à la toute fin de la course que tout a basculé. 

En entrant dans Roth, j’entendais les milliers de spectateurs. Puis, en pénétrant dans un stade rempli à craquer, j’ai entendu le speaker annoncer mon arrivée. 

À cet instant précis, tout est devenu réel. 

Avec le sourire jusqu’au oreilles, les larmes ont commencé à couler avant même de franchir la ligne d’arrivée. 

« Je l’ai fait… j’ai gagné le DATEV Challenge Roth. » 

Je crois que le temps s’est arrêté pendant quelques secondes. 

Je n’avais jamais ressenti une émotion aussi forte. J’avais le plus grand sourire de ma vie, les larmes aux yeux et un bonheur impossible à décrire avec des mots. Franchir cette ligne d’arrivée restera probablement l’un des plus beaux souvenirs de toute ma vie. Felix et Kathrin m’ont prise dans leurs bras et, pendant quelques instants, je n’arrivais toujours pas à réaliser ce qui venait de se passer. 

La première chose que j’ai faite ensuite a été de chercher mes parents. Je voulais simplement les prendre dans mes bras et les remercier. Parce que cette victoire, je savais déjà qu’elle n’était pas seulement la mienne. 

En remportant cette édition 2026 en 8 h 09 min 09 s, je suis devenue la plus jeune vainqueure de l’histoire du Challenge Roth, une course légendaire que beaucoup considèrent comme le « Wimbledon du triathlon ». 

Mais cette victoire n’est pas seulement la mienne. 

Derrière cette ligne d’arrivée, il y a des milliers d’heures d’entraînement, des sacrifices, des kilomètres parcourus, mais surtout des personnes qui ont cru en ce rêve autant que moi. Cette victoire est le fruit d’un travail collectif. Sans elles, je ne serais jamais devenue l’athlète, ni la personne que je suis aujourd’hui. 

Merci à Brett Sutton. Merci de m’avoir appris qu’avant tout, il fallait croire en soi. Merci pour ta confiance, ton exigence et pour m’avoir donné les outils nécessaires afin de progresser chaque jour. Tu m’as guidée, tu m’as montré le chemin et tu m’as permis de révéler le meilleur de moi-même. 

Merci à mes parents. Depuis mon enfance, vous avez tout mis en œuvre pour que je puisse vivre ma passion. Vous vous êtes levés à cinq heures du matin pour m’emmener à la piscine, vous êtes revenus me chercher tard le soir, vous m’avez accompagnée partout, soutenue dans chaque décision et laissé poursuivre mes rêves sans jamais essayer de les limiter. Vous m’avez appris que, dans la vie, il fallait vivre avec passion, travailler dur, croire en ses rêves et ne jamais avoir peur de voir grand. Cette victoire est autant la vôtre que la mienne. 

Merci à mon frère. Tu as toujours été un exemple pour moi. Malgré les difficultés, tu ne t’es jamais dit que quelque chose était impossible. Tu m’as appris à croire en moi, à poursuivre mes rêves avec conviction et à toujours trouver des solutions plutôt que des excuses. Merci aussi pour ton travail incroyable sur mes vélos. Savoir que je peux compter sur ton exigence et ton souci du détail avant chaque course est une immense force. 

Merci à Max. Merci d’être à mes côtés au quotidien. Tu connais mieux que personne tout ce qu’il faut investir pour atteindre le plus haut niveau. Merci de croire en moi, de partager cette aventure avec moi, de toujours trouver les mots justes et de me soutenir dans chaque étape de ce parcours. Avoir quelqu’un qui comprend aussi profondément cette passion est une chance immense. 

Un immense merci également à ma famille d’accueil de Hilpoltstein, Nicole, Ingo, Florian et Caroline, qui nous ont accueillis, mes parents et moi, pour la deuxième année consécutive. Merci de nous faire sentir comme à la maison à chaque séjour à Roth. Votre accueil, votre générosité et tous les moments partagés rendent cette semaine encore plus spéciale. 

Merci à toute ma famille et à mes amis. Je sais à quel point vous suivez mon parcours, partagez mes joies. Votre présence, vos encouragements et votre confiance comptent énormément pour moi. Merci de faire partie de cette aventure et de partager ces moments incroyable 

Merci à tous mes partenaires et sponsors. Certains me soutiennent depuis mes débuts, bien avant les grands résultats. Vous avez cru en mon projet alors qu’il n’était encore qu’un rêve. Grâce à votre confiance, je peux vivre pleinement cette aventure et continuer à repousser mes limites. Cette victoire est aussi la vôtre. 

Merci enfin à tous ceux qui étaient présents à Roth, vous m’avez littéralement portée tout au long de cette journée. Merci également à toutes les personnes qui ont suivi la course depuis la Suisse ou ailleurs dans le monde, à celles qui m’ont écrit ou partagé leur émotion avec moi. 

Quand je repense à cette journée, une phrase me revient sans cesse en tête. 

« Fliege heute, okay? » 

Oui… dimanche, j’ai vraiment eu l’impression de voler. 

Et si cette victoire représente un rêve devenu réalité, elle m’a surtout appris une chose. 

Lorsqu’on croit profondément en ses rêves, qu’on s’entoure des bonnes personnes, qu’on travaille avec passion, qu’on prend du plaisir dans ce que l’on fait et qu’on ose se faire confiance, alors il est parfois possible de voler. 

Ce n’est pas une fin. 

C’est le début d’un nouveau chapitre. 

Et surtout… 

Cela ne fait que commencer. 

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